Journal de randonnée à Madère

Cliquez pour agrandir l'imagePorto da Cruz, le 02 avril

Après la sieste sur une ancienne terrasse de canne à sucre envahie de fougères et de gerbes oranges de monbrétias, nous avons repris la marche sur le sentier en balcon de la côte sauvage de Boca do Risco.

Le grondement sourd de l'océan 300 mètres en contrebas nous accompagne dans un univers de cendre ocre rouge pétrifiée et de lave sombre. Au détour d'une corniche, le bleu intense d'un bosquet de vipérine de Madère jaillit du paysage.

J'imagine les premiers navigateurs portugais qui, de leur caravelle, découvrirent cette côte diaboliquement rocheuse et escarpée, ces vieux volcans surgis de la fournaise des entrailles des océans où s'accrochent la forêt et les nuages. Ils devaient avoir peur.

C'était en l'an 1420 et l'océan s'ouvrait sur un monde inconnu ; Madère, les Açores et les îles du Cap Vert allaient être les escales et les témoins des grandes explorations maritimes, des conquêtes portugaises du Brésil à Macao.
Cliquez pour agrandir l'imageSantana, le 10 avril

Assis à la terrasse d'un bistrot du village, je vois arriver deux petits hommes aux visages rudes accompagnés d'un petit chien muselé et craintif. Le premier tenant un long bâton et une corde enroulée, est un chasseur de chèvres sauvages et l'autre, la serpette à l'épaule, un paysan. Tous deux sont coiffés, malgré la chaleur, du bonnet traditionnel en laine. Il a quelque chose de péruvien ce bonnet avec ses rabats couvrant les oreilles…

La vie paysanne est très vivace : sur de minuscules terrasses admirablement cultivées, poussent la canne à sucre et le pommier, la patate douce et le choux, le bananier et la vigne, l'osier et le tabac…
Quand les colons, de petites gens qui ont fui la misère du continent, s'installèrent sur ces terres vierges, il n'y avait ni indigène, ni indien. Ils trouvèrent la sauvagerie de la nature. A Madère, il n'y a pas cette harmonie, ce mimétisme avec la nature que confère la présence humaine depuis la nuit des temps.

Dans nos balades, on ressent ce trouble entre une nature sauvage, puissante et une histoire humaine toute récente, encore fragile. Sur la côte nord, les premiers villages ne se développèrent qu'au XVIII ème siècle tellement l'accès y était difficile.

Cliquez pour agrandir l'imageLevada do Furado, le 25 avril

A la queue leu leu le long de la «Levada », un de ces petits canaux d'irrigation bordé d'agapanthes bleues et d'amaryllis, courant des montagnes aux terrasses, nous pénétrons dans une vallée profonde. Ceinturée d'un cirque de basalte où ruissellent les cascades et où s'accrochent les brumes ; partout la forêt y est primitive et subtropicale.

Les grands lauriers, les Tils aux troncs torturés, ou sur les branches se développent fougères et lichens comme des cheveux de sorcières ; pissenlits en arbre et myrtilles géants ; je m'imagine aux Andes ou en Nouvelle Guinée…

Je pense que l'homme de Madère a apprivoisé la « sauvagerie » de la nature en semant autour des maisons des myriades de fleurs du monde entier : les pâquerettes du Mexique, les longoses d'Himalaya, les lys du Cap, les hortensias du Japon,  et les oiseaux du paradis qui se sont échappés des jardins pour coloniser les chemins, les levadas et la montagne.

C'est l'anniversaire de la Révolution aux Œillets, le 25 avril 1974, qui mettait fin à un demi siècle d'obscurantisme au Portugal sous la dictature du général Salazar.

Pico Ruivo, le 10 mai

J'aime le balai incessant des nuages atlantiques sur les crêtes de « l'île aux fleurs », quand à la nuit tombante, assis sur le toit de l'île, l'océan de nuages se fige dans l'infini, île seule au monde ; l'instant est magique!

Yann Delord

La randonnée de Pico Ruivo avec Walk Inn
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